ONVIF, et la lecture Visualisation de Plaques d’Immatriculation (VPI)

Aujourd’hui, le contexte sécuritaire et les récents évènements qu’à subit la France conduit le gouvernement et les forces de l’ordre à renforcer les moyens de contrôle et d’enquête de certaines zones urbaines ou industrielles. Un de ces moyens est de visualiser et d’enregistrer les plaques d’immatriculation des véhicules transitant par certains axes (en particulier, les entrées et sorties de ville). Cela fournit aux forces de l’ordre un moyen d’enquête supplémentaire et important quand ils sont à la recherche des mouvements de tel ou tel véhicule, sans pour autant rentrer dans le cadre juridique restrictif de dispositifs LAPI.

 

Depuis quelques équipements d’enregistrements d’images ou de supervision ont développé des fonctions de pilotage des caméras permettant aux opérateurs ou au logiciel de modifier les conditions de prises de vues des caméras selon les besoins. Mais ces fonctions nécessitaient que les caméras utilisées disposent de certaines fonctionnalités et du protocole adéquat, ce que la plupart des fabricants ne fournissait pas à l’époque.

 

Aujourd’hui, grâce à la spécification ONVIF, le marché et les utilisateurs finaux disposent de toutes les fonctionnalités nécessaires pour permettre de visualiser efficacement les images des plaques d’immatriculation. Il n’est donc plus nécessaire d’utiliser des caméras « spécial VPI » pour assurer cette fonctionnalité. Une bonne caméra disposant d’un vrai capteur à haute dynamique WDR 120db, d’un bon projecteur IR annulaire à puissance pilotée et un système d’enregistrement adapté suffisent.

 

Plusieurs cas de figure sont à prendre en compte :

-       Le véhicule est immobile ou avance lentement,

-       Le véhicule roule, et ce plus ou moins vite,

-       La lecture doit se faire de jour, de nuit, ou les deux.

Pour qu’un système d’enregistrement ou de supervision compatible ONVIF puisse proposer de telles fonctionnalités avancées, il est nécessaire que plusieurs conditions soient remplies :

 

1/ La caméra doit être capable de supporter les commandes du « Imaging Service » de la spécification ONVIF. Cet ensemble de fonctions permet de commander un très grand nombre de paramètres de prise de vue de la caméra. Pour la VPI, la caméra doit entre autres implémenter les commandes pour gérer le WDR 120dB (activer/désactiver), pour gérer ses paramètres d’exposition, en particulier le mode de fonctionnement de la caméra (manuel, automatique…), le mécanisme priorisé pour l’asservissement de l’exposition, la plage de vitesses minimales et maximales du « Shutter », du « Gain » et de l’ « Iris ». Le pilotage de la puissance d’éclairage est aussi important afin d’obtenir le contraste maximal sur la plaque d’immatriculation. En cas de brouillard, poussière, forte pluie, une fonction de traitement d’image « antibrouillard » permet aussi de renforcer le contraste de l’image.

 

2/ Le système doit être capable de piloter les paramètres « Imaging » des caméras: là aussi, la spécification ONVIF le permet.

 

3/ Le système doit être capable de déclencher tel ou tel mode de visualisation pour permettre la meilleure prise de vue selon la caméra et l’heure: cette fonction ne dépend plus de la spécification ONVIF, mais bien des capacités propres du logiciel ou de l’enregistreur.

 

Il est a noté que les réglages sont différents selon si on veut :

-Optimiser la VPI pour des véhicules à l’arrêt ou qui avancent lentement. Dans ce cas, le mieux est d’ activer le WDR 120 dB pour récupérer un bon contraste.  Il faut avec l’objectif varifocale ajuster la largeur de scène de l’endroit où se situe la plaque d’immatriculation. L’avantage dans ce cas de prise de vue est que la caméra permet à la fois la lecture de plaque et la visualisation du contexte.


-Optimiser pour des véhicules en mouvement  rapides, typiquement plus de 15 Km/h. Dans ce cas, on doit désactiver le WDR 120 dB, piloter le Shutter au 1/1000 pour supprimer le flou (valeur typique conseillée). Il faut implanter la caméra de façon judicieuse pour obtenir  suffisamment d’images de la plaque cadrée, avec une résolution suffisante.

 

Dans les deux cas, il est aussi nécessaire d’installer la caméra à bonne hauteur (assez haute, mais pas trop pour limiter l’éblouissement des phares).